Ca'Dario
Si les murs de la Ca’Dario pouvaient parler, ils hurleraient !!! Erigée sur les eaux du Grand Canal dans le quartier Dorsoduro, cette demeure au passé obscur, fait frémir tous les Vénitiens. Car derrière sa magnifique façade en marbre multicolore, ce mystérieux palais a porté malheur à tous ceux qui ont osé l’occuper.

 


Les débuts de la légende macabre de la Ca’Dario

L’histoire commence en 1487, lorsque Giovanni Dario, ambassadeur de Venise à Constantinople, fait construire ce somptueux palais, à l’image de son ego. Il s’y installe avec sa fille Marietta qui épouse le noble Vincenzo Barbaro du palais voisin. Très vite les problèmes apparaissent. Giovanni, le père, perd de son influence politique et meurt violemment. Vincenzo, le mari, fait faillite et Marietta, déprimée, s’enferme et se laisse mourir… Enfin dit-on ! Car, quel époux aimant laisserait sa femme dépérir emmurée ?

Une autre version raconte que Vincenzo l’aurait tuée afin d’assouvir un rêve de famille : s’emparer de la somptueuse Ca’Dario… Mais à la mort de Marietta, l’ambition de Vincenzo s’évapore. Dans son testament Marietta stipule que la Ca’Dario n’est pas à vendre et qu’elle met le palais à disposition d’ ambassadeurs turcs. Vincenzo se suicide d’un coup de poignard !

Du fond des mûrs de son palais, Marietta veillerait-elle encore sur le sort de la Ca’Dario ?


Une longue succession de malheurs

Des années plus tard, un descendant des Barbaro qui habitait la maison, se fait tuer dans une embuscade en Crète. Le palais passe ensuite entre les mains d’un riche diamantaire arménien, Arbit Abdoll, qui perd toute sa fortune et mort ruiné. Au XIXème siècle, Rawdon Brown un scientifique anglais connaît le même sort et se suicide, tout comme son amant.

La série noire continue: Charles Briggs est contraint à la fuite et son amant se suicide. Filippo Giordano delle Lanze y est retrouvé mort assassiné. Kit Lambert, manager du groupe « The Who » y décède dans d’étranges circonstances. Fabrizio Ferrari perd sa fortune et sa sœur qui y a habité avec lui, meurt dans un accident de voiture. Raul Gardini, célèbre industriel italien y met fin à ses jours… Bref, la liste est longue !!

Woody Allen, aurait même voulu l’acheter mais il se serait finalement rétracté au vu du passé si sulfureux du palazzo Dario.


Un message d’avertissement 

Aujourd’hui une propriété privée, la Ca’Dario n’est pas ouverte aux visiteurs. Mais sa réputation maudite ne me donne vraiment envie de franchir ses portes !

Sur la porte d’eau de ce palais qui aurait été construit sur un ossuaire templier, on peut lire un message dont l’anagramme nous met en garde. Ainsi l’hommage à son propriétaire Giovanni Dario, Urbis Genio Joannes Darius, devient Sub ruina insidiosa genero.  Autrement dit : « Celui qui habitera ces lieux ira à sa ruine ». Mais voilà, la Ca’Dario continue de fasciner et d’intriguer…

 

 

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